De manière distinctive des autres arts martiaux, une session Tahtib est un évènement collectif de création artistique martiale où chaque acteur un rôle :
- Le public, les musiciens et les jouteurs créent ensemble un cercle dans lequel se déroulent les chorégraphies et les joutes, aussi en cercle, avec des gestes circulaires. Les lignes courbes universelles sont omniprésentes.
- Les jouteurs s’engagent à tour de rôle dans des assauts en binômes après avoir procédé au rituel de mise en phase avec notamment le salut, la toise où ils se jaugent lors de séquences gestuelles basses et hautes en se déplaçant face à face sur un cercle et des démonstrations de maîtrise du bâton. Un duel, salut et toise compris, dure environ une minute.
- Le public a 2 rôles, soutien et arbitre
- il soutient les jouteurs en rythmant avec des frappes de mains,
- il arrête les joutes en cas de mauvais esprit ou d’agressivité,
- Les musiciens apportent la sphère rythmique d’harmonisation et d’appui des jouteurs. Le rythme utilisé est le Saïdi qui se frappe et s’entent sur la mesure de base comme || DoumTac*DoumDoumTac** ||
- Les percussionnistes notamment la tabl, gros tambour, donnent les sons d’appui notamment pour le rassemblement des participants et durant les assauts. Les frappes se déroulent notamment sur le 1er et le 3ème Doum.
- Les percussionnistes à la Derbouka jouent le rythme saïdi de base et quelques variantes. Ils soutiennent les jouteurs de manière distincte,
- Lors du salut avec le 1er Doum seulement ||Doum ^ ^ ^ ||,
- Lors de la toise avec une partie des frappes ||Doum ‘^ DoumDoum Tac ‘‘||
- Lors des assauts codifiés || ^ Tac ‘^ Tac ‘‘ ||
- Lors des assauts libres ou codifiés rapides avec des frappes de Doum en rafale, des « Trail » en Doum. Les Doum mettent alors en évidence plus nette le son produit par le choc des bâtons. Le bâton est aussi percussion.
- Le musicien au Mizmar Directeur appelé Al Ra’issi ou al awwal est le producteur des assauts. Par une variation mélodique il déclenche et donne le signal de la fin des assauts. Le Mizmar est une sorte de petite flûte – trompette, à son aigue. Dans la Capoera qui a son origine en Afrique de l’Ouest notamment en Angola le Birimbao principal appelé Gunga, instrument à corde tendue entre une boule et une tige, a le même rôle.
- Les musiciens au Mizmar de Soutien, Al Garrar, produisent un fond d’appui du souffle. Dans la Capoera, les équivalents sont les Birimbao Medio qui joue en opposé au principal et le Viola qui joue en solo.



